Alain Franqueville, la grande semaine de dressage est un événement important

Alain Franqueville, ancien écuyer du Cadre Noir de Saumur, sélectionneur des équipe de France de dressage jusqu’en 2014, juge international de dressage 5*, donne son avis sur la Grande Semaine de Dressage de Saumur.

Alain Franqueville
 

Pouvez vous nous donner votre avis sur la Grande Semaine de Saumur ?
Alain Franqueville :
« la Grande Semaine de Saumur est un événement important pour la discipline du dressage. Avant Saumur, les finales jeunes chevaux se déroulaient à Fontainebleau. Depuis 15 ans, elle a lieu à Saumur. Une chose importante est qu’elle est associée à un concours international de dressage. C’est une vitrine de la discipline. Les cavaliers et propriétaires étrangers peuvent ainsi voir ce qui se pratique en France au niveau des jeunes chevaux. Le système français est bien géré pour les jeunes chevaux. La production française de chevaux de dressage est cependant déficiente par rapport à d’autres pays européens. »

Comment estimer vous l’évolution de la grande semaine depuis le début ?
Alain Franqueville :
« le niveau augmente ; nous avons des représentants français au championnat du Monde à Verden. Il y a des confrontations avec l’international. Il y a de nouvelles manières de préparer les jeunes chevaux. On note aussi des progrès au niveau de l’élevage, et au niveau des techniques de préparation, d’entraînement. Les cavaliers français n’hésitent pas à faire venir des entraîneurs pour les faire travailler. Cela s’effectue dans le respect du cheval, et de plus de rigueur dans la préparation. »

Pourquoi l’organisation d’un CDI est il un plus dans la Grande Semaine ?
Alain Franqueville :
« avec un CDI, il y a des retombées vers l’étranger, car il y a la présence des cavaliers et des propriétaires, il y a aussi une connaissance et des échanges sur les autres races de chevaux. Les clients des jeunes chevaux sont concernés par le concours international. Ils peuvent avoir des chevaux d’un certain niveau et vouloir investir pour l’avenir. C’est en voyant ces jeunes chevaux évoluer qu’ils peuvent avoir envie de se projeter vers l’avenir. A Verden, pour le Championnat du Monde, il y a aussi un concours international.
La finale jeunes chevaux sans le CDI serait un concours franco français. La présence de juges étrangers est également importante. Les cavaliers et leurs chevaux peuvent ainsi être vu de façon positive (ou négative). C’est bien pour tout le monde. »

Que penser de la fréquentation de cette Grande Semaine ?
Alain Franqueville :
« Nous avons un regret, c’est la faible participation des cavaliers de haut niveau. Nous ne voyons pas les dresseurs du haut niveau, à quelques exceptions près. En Allemagne, en Hollande, en Angleterre, il y a toujours beaucoup de cavaliers de haut niveau qui participent aux finales nationales. On n’alimente pas assez le dispositif pour préparer l’avenir. Les cavaliers préfèrent acheter les chevaux déjà prêts.
Que faire ? Les cavaliers doivent être orienter dans ce sens et les inciter à préparer des jeunes chevaux.»